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Le Blog des Alumni de l'ENA
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Fédérer les acteurs, une nécessité pour construire la ville de demain

Ancienne élève de l’École nationale d’administration (promotion Droits de l’homme), Michèle Pappalardo a notamment été présidente de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie de 2003 à 2008, et premier Commissaire général au développement durable au sein du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. Membre depuis 2012 de l'Académie des technologies, Michèle Pappalardo est aujourd’hui coordinatrice de Vivapolis

Michèle Pappalardo a débuté la conférence par un chiffre évocateur : en 2050, la population mondiale sera à 70% urbaine, ce qui représente une hausse de deux milliards et demi de citadins à compter d’aujourd’hui. Soit un million et demi d’urbains supplémentaire par semaine jusqu’en 2050. Puis, notre intervenante s’est appuyée sur l’exemple de l’ouragan Sandy à New York : cette catastrophe a en effet été l’occasion pour la ville de se doter d’une organisation en fragments autosuffisants.  Mais surtout, ce projet d’autosuffisance par quartier, est considérablement facilité par l’apparition du numérique et de la « smart city ». Le véritable enjeu actuel est de déterminer la juste contribution des technologies numériques pour le développement de la ville.

La « smart city » de demain devra perfectionner de nombreux éléments. D’abord, les technologies numériques s’avèreront remarquablement utiles pour améliorer la mobilité : non seulement assurer une bonne régulation automobile, baisser les temps de transports et de parking, mais aussi y intégrer l’impact environnemental. Par ailleurs, la ville de demain devra impérativement mieux utiliser les lumières, comme l’illustre l’exemple des lampadaires urbains. Enfin, le traitement des déchets est un enjeu fondamental de la « smart city » : les poubelles connectées permettront en effet d’éviter le vidage de poubelles non pleines, mais aussi de réduire le temps de transports à la benne à ordures, et ainsi une baisse des coûts environnementaux. En bref, l’apport du numérique sera bénéfique puisqu’il améliorera les services entre usagers, fera baisser la consommation des villes, et enfin, optimisera les investissements.

Michèle Pappalardo a ensuite insisté sur la nécessaire coordination des acteurs. A titre d’exemple, la marque Vivapolis vise à fédérer les acteurs français – publics et privés – qui veulent promouvoir, à l’international, une ambition partagée d’un développement urbain durable. Ce projet est collectivement développé et soutenu par les pouvoirs publics français et par des fédérations professionnelles du secteur privé. Il s’agit de « mettre l’homme au cœur du projet », tout en « étant le plus sobre possible en ressources naturelles ». La gouvernance se veut de préférence forte et participative. Mais surtout, Vivapolis refuse de calquer son organisation sur tout modèle préexistant, pour s’affranchir d’objectifs parfois en décalage avec la réalité urbaine. La ville durable doit être autonome en énergie, et notamment développer les quartiers autonomes énergétiquement. En cela, il s’agit pour la France d’intégrer ces nouveaux quartiers au sein du patrimoine déjà existant.

Aujourd’hui, une nouvelle manière de travailler s’impose : par exemple, Vivapolis n’a pas de structure juridique ni de président, et fonctionne davantage sur un esprit collaboratif, de débat. Il s’agit en réalité de contrer l’exigence de prises de décisions uniquement tournées vers l’utilitaire. De plus, cela permet la réunion de tout type d’acteurs, et c’est en cela que les acteurs locaux travaillent mieux.