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Ramon Fernandez : « Orange, opérateur de télécommunications au coeur de la révolution numérique. »

Ce lundi 9 mai, les Lundis de l’ENA recevaient Ramon Fernandez (promotion Léon Gambetta - 1991), ancien directeur général du Trésor et directeur général délégué d’Orange. Intervenant sur le thème « Orange, opérateur de télécommunications au cœur de la révolution numérique », il nous a livré son analyse de l’évolution prodigieuse du secteur du numérique ces dernières années et les enjeux qu’elle représentait pour son groupe.

Bénéficiant d’une croissance de l’ordre de 4% en 2015, le numérique est surtout tiré par le développement d’Internet, qui croît quant à lui de 18% par an. Ramon Fernandez a d’abord rappelé les cinq segments que composent ce secteur numérique : il s’agit de l’équipementier (un quart de l’ensemble), l’informatique, l’internet, le contenu numérique puis le télécom. Ce dernier segment, au cœur de la production d’Orange, constitue 30% du secteur mais contribue à 70% de ses investissements. En chiffres, le secteur numérique, dont la naissance remonte à quelques années, représente aujourd’hui 3600 milliards d’euros soit 6% du PIB mondial.

 

Cette évolution a  pour conséquence directe un envahissement progressif de la vie sociale : il y a autant de cartes SIM que d’habitants dans le monde depuis 2015, soit environ sept milliards. Le haut débit mobile progresse rapidement : le volume de données échangées sur les réseaux mobiles double chaque année. Il y a également six écrans par foyer en France en moyenne, sûrement treize en 2020. Le tout avec une tolérance toujours plus faible quand à l’absence de connexion : « le logiciel est en train de changer le monde », résume Ramon Fernandez.

 

Ramon Fernandez constate également que le déplacement progressif des centres de pouvoir est visible dans le secteur des télécoms. Les Etats-Unis dominent avec les « géants du web » ou GAFA ; les émergents connaissent une croissance rapide du secteur de l’ordre de 6% ; l’Europe, finalement, subit un important déclin, une réelle décroissance des services télécoms.

 

L’Europe représente 21% des dépenses mondiales de services numériques, mais 17% de sa production : plus grave, elle ne produit que 15% des services Internet qu’elle consomme. Le déséquilibre en l’offre et la demande européenne est indéniable et l’écart se creuse, du fait du déplacement du centre de gravité de l’économie numérique vers l’Asie.

 

Avec 160 000 salariés implantés dans une trentaine de pays, Orange tâche de s’adapter à ces bouleversements. Ramon Fernandez fait un constat simple : il n’y a aucune évidence à ce que la révolution numérique profite à ceux qui en sont à l’origine. Contrairement à Google ou Amazon, Orange et les services télécoms ont une base de clients à conserver. De plus, la concurrence des télécoms est un enjeu crucial en Europe : l’arrivée de Free en 2012, et ses offres à prix réduits de 40%, a été un choc brutal. Cette concurrence fragilise les entreprises européennes : elle n’est pas aussi importante aux Etats-Unis ou en Asie.

 

Pour faire face à ce nouveau cadre, Orange a engagé des investissements considérables : trois milliards d’euros sur la fibre en France, par exemple. Mais l’entreprise a d’autres ambitions, à l’instar de la banque mobile digitale ou encore l’Internet des objets : Orange veut se diversifier. Le groupe accompagne la transformation numérique dans sa propre transformation d’entreprise, conclut Ramon Fernandez : le client devient maître de son destin et de ses choix. L’expérience du client est au cœur des plans stratégiques d’Orange. « Le meilleur service » est désormais son leitmotiv. Les politiques publiques joueront un rôle essentiel dans l’adoption à la révolution numérique : le directeur général délégué d’Orange affirme néanmoins qu’une politique européenne forte dans le secteur énergétique relève désormais de l’urgence.