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Stéphane Pallez : Les enjeux du numérique dans la Française des Jeux

Dans le cadre des Lundis de l’ENA, Stéphane Pallez (promotion Louis Michel, 1982), présidente-directrice générale de la Française des jeux, est intervenue le 15 février. Passée par la Banque Mondiale, le Trésor puis France Télécom, Stéphane Pallez a pris la tête de la FDJ en novembre 2014. Elle a décrit ce qui semble être l’enjeu majeur de l’entreprise pour les prochaines années : la stratégie numérique.

En premier lieu, Stéphane Pallez a rappelé que la Française des jeux est une entreprise publique française créée en 1976, devenue société anonyme en 1978, détenue à 72 % par l'État français qui lui a confié le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout son territoire. En 2015, son chiffre d’affaires – calculé à partir des mises – était de 13,7 milliards d’euros, ce qui fait de la FDJ la quatrième loterie mondiale. Le nombre de clients, soit les Français en âge de jouer ayant joué au cours de l’année passée, était de 26,3 millions : un Français sur deux a joué en 2015. Avec 32 000 points de vente et 5% de croissance cette même année, la FDJ reste incontestablement « une entreprise qui se porte bien », selon sa présidente.

 

Toutefois, le contexte actuel et les nouvelles formes de divertissement nécessitent certaines adaptations : c’est toute la question de la transformation numérique. Il est impossible, selon Stéphane Pallez, de considérer que la révolution numérique ne va pas toucher son secteur. Si la bonne santé économique de la FDJ est incontestable, les usages et attentes des clients évoluent, tel que le témoignait le plan stratégique de l’entreprise en 2015. Même si la FDJ a le monopole du « jeu d’argent à hasard prépondérant », ses clients pourraient très rapidement se tourner vers d’autres formes de jeu.

 

L’exemple récurrent de Stéphane Pallez sera le jeu pour smartphone Candy Crush, utilisé par 350 à 500 millions de clients dans le monde dont près de la moitié des clients de la FDJ. Si Candy Crush n’est pas un jeu de hasard, il reste, selon Stéphane Pallez, indéniablement un jeu d’argent. Le modèle freemium de cette forme de jeu prévoit qu’au bout d’un certain temps, l’utilisateur devra payer pour jouer davantage ou avec d’autres internautes. Stéphane Pallez fait le constat que ce type de jeu, qui reste à première vue très différent de ce que propose la FDJ, constitue une sérieuse concurrence tant en termes de temps consacrés que des fonds alloués par les clients. Au-delà de Candy Crush, l’entreprise devra intérioriser un certain nombre de standards dans sa politique d’adaptation, à l’instar de l’utilisation quasi-systématique du téléphone mobile, de la dématérialisation ou de l’ « instantané ».

 

Face à ces enjeux, la FDJ doit d’abord s’adapter aux nouvelles attentes, ce qui comprend d’abord l’invention de nouveaux jeux restant dans le champ de l’entreprise. De nouveaux supports sont également à imaginer : le numérique permet maintenant d’aider le joueur à la « préparation » de son pari – certains étant désormais réticents à remplir un ticket. En parallèle de cette stratégie d’adaptation, Stéphane Pallez souhaite lancer des politiques d’innovation majeures en important « ce qui existe dans d’autres secteurs sans être la spécialité historique de l’entreprise ». C’est dans cette logique qu’est accentué le caractère phygital de l’offre de la FDJ : le numérique doit enrichir le parcours du client en le rendant global, sans généraliser la vente en ligne. De nouveaux investissements et partenariats sont engagés pour renouveler les produits de la FDJ. Elle collabore dorénavant avec l’entreprise Asmodee, leader français de l’édition de jeux de société et également intéressée par la transformation numérique.

 

500 millions d’euros seront investis sur cinq ans pour cette stratégie numérique, tant dans le réseau physique pour permettre ces nouveaux usages que dans la transformation du système d’information de la FDJ. « L’objectif n’est pas de basculer dans la vente en ligne », répète Stéphane Pallez : cette stratégie est celle du maintien – voire du renforcement – des points de vente physique tout en s’adaptant aux nouvelles attentes, que peut combler le numérique.