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Le Blog des Alumni de l'ENA
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70 ans de coopération et d'amitié entre l’ENA et l’AAEENA

Nous célébrons cette année les 70 de l'Ecole Nationale d'Administration. Ce sont également plusieurs décennies de coopération entre celle-ci et son Association d'anciens élèves que nous fêtons.

         Un lecteur facétieux ou avisé ne manquera pas de nous faire remarquer que le titre n’est pas tout à fait exact. En effet, il n’y a pas 70 ans de coopération, et pourquoi : parce que l’ENA est née le 9 octobre 1945 (d’autres disent le 8) et le certificat de naissance paraît au Journal Officiel le 10 octobre. Et L’AAEENA, ajouterait-il ce lecteur, elle n’était pas née, puisque pour exister il eut fallu des anciens élèves. Et ces anciens élèves n’ont vu le jour que le premier août 1946. De plus, si on prolonge la recherche, on constate que les statuts de l’association ont paru  plus tard au Journal Officiel. L’article premier prévoit - et les rédacteurs ne s’étaient pas trompés - « sa durée et illimitée ».

Alors, il n’y a pas 70 ans, bien sûr. Pour répondre à notre lecteur la coopération aura été de 68 ans. Mais, peut-être existait-elle déjà, en gestation depuis le premier mars 1946 – date à laquelle les premiers élèves ont commencé leur scolarité.

Peut-on dire que le père en fut Bourdeau de Fontenay ? Pas tout à fait, mais il y a certainement été pour quelque chose. Ceux qui l’ont connu se souviennent de sa personnalité, de sa rigueur, mais aussi d’un homme qui savait communiquer. Bourdeau de Fontenay avait très vite compris qu’il devait vraiment être le directeur de l’Ecole mais aussi un partenaire pour ses élèves.

Dès la rentrée de la promotion France combattante,  constatant notamment que les élèves ont constitué un syndicat rattaché à l’Union des fédérations de fonctionnaires - ou à d’autres syndicats - il n’hésite pas à écrire, mais aussi à préciser au Conseil d’administration « qu’une école comme la nôtre et je dirais même, à ses débuts, a un très grand besoin de voir se constituer auprès d ‘elle une association d’anciens élèves forte et puissante. Ce serait une sorte de prolongement au-delà de la scolarité, d’une collaboration qui a été instituée dès les premiers mois dans des conditions particulières. » A cet égard, il fait référence aux délégations d’élèves qu’il a suscité et dont il rencontre les membres toutes les semaines.

Les élèves y sont sensibles car ils souhaitent défendre la nouvelle institution dont ils sont conscients qu’elle n’est pas encore favorablement accueillie par les administrations en place et les personnels. Il existe entre les élèves une véritable union, même s’ils proviennent de milieux différents et si leurs « empêchements » de guerre sont divers : déportés, prisonniers, résistants, engagés dans les forces françaises libres… ils témoignèrent à la fois de leur engagement et de leur solidarité au moment de la répartition des postes offerts à la sortie.

Tout allait pour le mieux, lorsque paru la liste des postes offerts aux élèves de la promotion France combattante à leur sortie. Ceux-ci ne tardèrent pas à réagir. Selon les uns, il n’y avait pas assez de postes pour offrir de vrais choix de carrières, quand d’autres regrettaient qu’il n’y ait pas plus de postes à la Cour des comptes, au Conseil d’Etat, à l’inspection générale des finances ou encore au ministère des affaires étrangères, lui aussi méfiant à l’égard de cette nouvelle institution.

Les discussions qui s’ensuivirent n’aboutirent pas, si bien que les élèves, convoquèrent les journalistes à l’hôtel Lutétia pour faire valoir leurs revendications. Emoi de Bourdeau de Fontenay et de René Cassin, Président du Conseil d’administration de l’Ecole et de ses membres, mais également des autorités de tutelle dont la direction de la fonction publique que dirigeait Roger Grégoire.

Le temps passait et il fallait que la promotion sorte le 31 juillet 1946.  

Bourdeau de Fontenay, souhaitant aboutir une solution, demanda à son Conseil d’administration s’il voulait bien recevoir une délégation des élèves. « Les élèves de France combattante, s’occupent de cette question assez légitimement. Je reçois les délégués. L’agitation s’est également emparée d’Union française qui est entrée en scolarité en juin 1946. » Réponse positive ; il obtint ainsi qu’au Conseil d’administration du 26 juin 1946 soit reçue une délégation composée de : Cabanne, Ravail, Desazard de Montgaillard, Lagaillarde et Schrike. Les élèves obtinrent satisfaction dans leur demande, et les noms cités, nous les retrouverons dans le groupe de jeunes fonctionnaires qui va créer l’association et dont Cabanne fut élu président. Les élèves obtinrent à titre provisoire et avant que les textes aient été modifiés, que l’un d’entre eux siège au Conseil d'administration de l’Ecole; ce fut Yvan Cabanne, désigné par ses camarades. Ils se réunirent à différentes reprises, se référant aux précédents qu’ils connaissaient (Association des Anciens élèves de Polytechnique et de Saint-Cyr par exemple) mais donnèrent aux dispositions des statuts, tant dans le but de l’association que dans les différentes modalités du texte - dont certaines sont encore en vigueur, mais au fil des années, ont été modifiées – des orientations bien différentes.

A notre tour de souhaiter à notre association un bon anniversaire pour ses 68 ans.

 

A la prochaine,

 

Robert