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Le Blog des Alumni de l'ENA
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Alain Cabanel

Il a travaillé comme directeur du sport à l’ENA pendant plus de trente ans. Alain Cabanel est un « fou de sport » qui a vu passer de nombreuses promos. Aujourd’hui dans le conseil, il revient sur un parcours peu commun.

Présentez- nous votre parcours…

« J’ai d’abord étudié à l’Ecole Normale Supérieure d’éducation physique avant d’effectuer une maitrise de droit public. A l’issue de celle-ci j’ai pris mes fonctions à l’ENA. Après une trentaine d’années que je n’ai pas vu passer, j’ai été nommé inspecteur général de la Jeunesse et des Sports, puis j’ai ouvert un cabinet de conseil franco-chinois. » 

Quel était votre travail à l’ENA ?

« J’ai dû m’occuper d’un certain nombre de sujets, la plupart, bien entendu en lien avec le sport. Je travaillais principalement dans deux directions. D’abord je m’occupais des élèves. Chacun choisissait le sport qui lui convenait et était évalué en fin de scolarité. L’autre volet de mon travail concernait l’Association Sportive qui s’adressait aussi aux anciens élèves.  On organisait des manifestations et déplacements lors desquels se retrouvaient élèves et alumni. Le principe était amusant car on y associait toujours un thème. Je me rappelle par exemple d’un match de foot à Barcelone contre les magistrats espagnols avec en parallèle un focus sur la gestion d’un club espagnol. Ces manifestations n’étaient possibles que par l’implication et le dynamisme  des présidents successifs de l’AS. C’était formidable de travailler en équipe ! »

Y-a-t-il un président de l’AS qui vous a marqué en particulier ?

« Les présidents ont toujours été des personnes extrêmement imaginatives et engagées; ils sont tous devenus des amis. Néanmoins, chacun reconnaît volontiers que le président historique reste Philippe Baudillon. Un sportif extraordinaire !  Une remarque néanmoins, voire un regret : il n’y a jamais eu une présidente femme. »

La place du sport à l’ENA…

« Les Directeurs successifs avaient  bien compris que les tensions entre les élèves générées par la concurrence durant la scolarité pouvaient être apaisées par les séances hebdomadaires de sport. La pratique sportive était assortie d’un coefficient très faible dans le classement car il ne fallait pas créer une pression supplémentaire. Et d’ailleurs, lorsqu’il a été question d’augmenter ce coefficient, j’ai convaincu (sans grande difficulté, je dois l’avouer !) la direction que ce n’était pas utile. Aussi, tous les élèves jouaient le jeu en se disant que le delta entre la note du très bon sportif et celle du dilettante était faible. Aujourd’hui et au delà de l’ENA, il n’est plus nécessaire de persuader les chefs d’établissement de l’importance du sport dans les cursus scolaires ou universitaires, et le sport est souvent considéré comme une sorte de ciment au sein même d’un établissement. Il tend à y occuper une place de plus en plus grande. 

A mon arrivée, à la fin des années 70, le sport montait en puissance.

C’était un domaine qui, sur les plans culturel et économique, prenait de plus en plus d’ampleur. C’était un périmètre qu’il fallait investir rapidement. Beaucoup d’élèves l’avaient compris et n’excluaient plus de prendre des responsabilités sportives durant leur vie professionnelle ! En plus de mon poste à l’ENA, je conseillais le directeur de l’ESSEC pour la gestion du sport. En 2000, je lui ai vendu l’idée d’une chaire de marketing du sport. Le monde sportif était alors en recherche de  personnes passionnées  et surtout de grandes compétences. Aussi, au fil des années, ai-je vu de plus en plus de jeunes gens brillants et passionnés se positionner dans les domaines de l’économie et de la gestion du sport. »

 

Ce que vous retenez de ces années à l’ENA…

«J’ai eu la chance d’avoir des directeurs très sensibles aux bienfaits du sport et favorables à la pratique sportive et puis, s’agissant des élèves et  contrairement à certaines idées reçues, j’ai croisé à l’Ecole d’excellents sportifs qui n’avaient rien à envier à ceux de l’X ! Une mention particulière aussi aux élèves du cycle international qui étaient toujours très concernés par les opportunités offertes par l’Ecole en matière de sport. »

Un fait marquant dans votre carrière ?

« Certainement quand Roger Fauroux a décidé d’intégrer  le sport dans la scolarité en y associant une évaluation! C’était en 1987. Avant cette date, les élèves qui faisaient du sport étaient ceux qui étaient déjà très à l’aise dans leur scolarité ou ceux qui privilégiaient un équilibre personnel. Une grande partie des élèves des promotions ne faisait pas de sport.  Cette décision a changé la donne ! »

Et si vous pouviez changer quelque chose à l’ENA ?

« Vous savez, je travaille maintenant beaucoup avec la Chine. Là bas on me questionne pas mal sur mes années à l’ENA. Il faut dire que c’est l’ENA qui a servi de modèle à leur école de formation des cadres de la fonction publique ! Aussi, je pense qu’il faut s’internationaliser toujours davantage. On a un très bon modèle. Il est certes perfectible mais peut largement s’exporter. Je ne suis pas le seul à en être convaincu.»