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Le Blog des Alumni de l'ENA
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Alexandre Piton

C’est un Alumni très actif que nous avons eu la chance d’attraper au vol pour un portrait. En plus d’avoir été un sportif de haut niveau, Alexandre Piton est un super touche-à-tout. Finance, patinage artistique, fonction publique : on a envie de lui demander où il va s’arrêter.

Ce qui vous a amené à faire l’ENA…

« J’y suis entré assez tard : j’avais déjà effectué une première partie de carrière dans le privé avant de reprendre le patinage en Allemagne. C’était un moment de « break » dans ma carrière. En rentrant en France, j’ai voulu me lancer un nouveau défi. Complètement par hasard, je suis tombé sur une annonce dans le Monde : « concours pour rentrer à l’IGPDE (Institut de la Gestion Publique et du Développement Economique) et obtenir une bourse pendant un an afin de préparer le 3e concours de l’ENA. ». Je me suis lancé. »

Si vous n’aviez pas fait l’ENA ?

« J’aurais simplement continué ce que je faisais : prospecter dans le privé pour retrouver un travail.  C’était mon plan B si la prépa ne me plaisait pas ou si j’échouais au concours. J’avais déjà travaillé chez Eurosport / TF1 et monté ma boîte. »

Vous ne semblez pas avoir peur du changement…

« Pas du tout, la nouveauté me plaît. J’ai étudié à Sciences Po, puis j’ai bifurqué vers l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris. Mon orientation a été dictée par la carrière sportive. Je patine depuis que l’âge de sept ans et n’ai jamais cessé depuis. Il a fallu s’adapter en permanence car il n’était pas question pour moi de sacrifier mes études. Avec l’accord de mes professeurs, je m’absentais de l’école puis je rattrapais les cours en rentrant le soir. Petit, je patinais quinze heures par semaine, puis je suis passé à vingt-cinq. En études à l’ESCP, j’allais m’entraîner en banlieue le matin et assistais aux cours l’après-midi. Aujourd’hui, je crois que concilier les deux vocations est plus aisé car il existe des modalités particulières et des cursus aménagés. Bien sûr, ça reste difficile pour des sports exigeant des déplacements comme la voile ou le ski. Ca l’est moins pour le patinage : hier, c’était un sport pratiqué exclusivement en montagne. Aujourd’hui, il a investi la plupart des grandes villes. »

Comment avez-vous commencé le patinage ? Venez-vous d’une ville de montagne ? 

« Absolument pas ! Je venais de Châlons-en-Champagne. Enfant, j’avais essayé plusieurs sports et l’escrime me plaisait. Sur l’insistance de ma cousine, j’ai commencé en séance d’essai. J’avais 7 ans et m’y suis rendu sans grand enthousiasme… J’ai chaussé des patins et ne m’en suis pas trop mal sorti. J’ai donc débuté les cours, et comme les garçons sont une denrée plutôt rare en patinage, le prof, voyant que je me débrouillais bien, a demandé à mes parents de me mettre en couple pour commencer la compétition. Ma partenaire et moi sommes très vite allés aux championnats de France. Les victoires sont arrivées tout aussi rapidement. J’ai continué car ce sport me plaisait, mais j’étais surtout attiré par l’aspect performance. Je pense avoir le goût de la compétition. Du moins, j’aime me donner des objectifs et voir que les choses avancent.»

Votre prochain challenge ?

« Le rapprochement des trois régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. Au mois de juillet, j’ai été nommé Directeur Général Adjoint dans la région Aquitaine. Depuis, je travaille sur ce projet de nouvelle région qui verra le jour au premier janvier prochain. »

Un souvenir marquant de votre carrière de sportif ?

« J’ai eu plusieurs partenaires en patinage, la dernière a été ma sœur. Ma partenaire russe et moi nous étions séparés. On s’est alors retrouvés à tenter l’aventure du couple ensemble, ma sœur et moi. Ma carrière est repartie immédiatement, les succès aussi. Mon plus beau souvenir est certainement mes débuts en patinage avec elle : notre première victoire internationale en Allemagne, le pays de ma grand-mère, avec la Marseillaise retentissant au moment de monter sur le podium. »

 

Quel élève étiez-vous ?

« Un élève assidu. Assidu, mais aussi impatient d’aller travailler pour de vrai et de mettre en pratique mes nouvelles connaissance. Il faut dire que j’avais déjà travaillé une dizaine d’années avant d’intégrer l’ENA, il me tardait de reprendre. »

Pour qui avez vous de l’estime ?

« J’ai de l’estime – beaucoup – pour les gens qui arrivent à un résultat en bossant, pour les gens qui nous prouvent que tout n’est pas garanti dans la vie et qu’on peut y arriver par soi même, en donnant de sa personne. Ceux que j’admire sont les méritants, ceux qui, malgré les circonstances, s’en sortent en restant fidèles à leurs valeurs et en faisant preuve de volonté. »

Si vous pouviez inventer quelque chose ?

« La recette de l’immortalité ! Je voudrais être immortel pour avoir le temps de tout faire dans une vie. En fait je n’ai pas – et n’ai jamais eu - de plan de carrière. Ceci dit, je comprends parfaitement les jeunes qui entrent dans une école avec un programme précis en tête. C’est juste que  beaucoup de choses m’intéressent ; j’aimerais tout découvrir. Pour moi, le but du jeu dans la vie est d’avoir des projets motivants.  

Le but du jeu est d’avoir des projets motivants.

Il convient, bien sûr, de faire attention à sa qualité de vie, mais il faut surtout essayer de faire avancer le schmilblick pour la société. Le monde n’est pas génial, mais on peut l’améliorer. A mon niveau, j’essaie de faire bouger les choses. »

Quel est le dernier film que vous avez visionné ?

« Argo, un film sur l’ambassade des USA. C’était pas mal. Ben Affleck - Tony Mendez dans le film - exfiltre des diplomates américains réfugiés à l’ambassade canadienne de Téhéran. Sinon, un autre film que j’ai bien aimé était Möbius, sur les services secrets israéliens. Dans un autre genre, Quai d’Orsay était assez drôle ! En vous parlant je me rends compte que je me rends rarement au cinéma, il faudrait que j’y aille un peu plus ! »