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Le Blog des Alumni de l'ENA
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François Essig

Il se rêvait journaliste, sa carrière l’a mené - entres autres - vers le Conseil d’Etat, la marine marchande et l’aménagement du territoire. Passionné d’actualités, de poésie et de marches en montagne, il vient de publier son troisième ouvrage : « Ma France de 2025 – Journal d’espoir ». Dans ce livre, ou plutôt cet « exercice de prospective » comme il le dit lui même, François Essig nous parle de la France telle qu’il l’imagine dans dix ans. Rencontre avec un Alumnus à l’optimisme assumé et légitime.

Pourquoi avez-vous fait l’ENA ?

« J’ai grandi dans l’idée qu’il fallait servir l’intérêt général.  Mon père était haut fonctionnaire et mon frère étudiait à l’X. Ne  voulant ni être polytechnicien, ni ingénieur, soit j’étais reçu à l’ENA, soit je devenais journaliste – ma deuxième vocation. Il se trouve que j’ai intégré l’ENA, mais je n’ai pas cessé d’écrire et suis toujours passionné d’actualités. »

Le dernier livre que vous avez lu ?

« Sauver Ispahan de Jean-Christophe Ruffin, car je reviens d’un voyage de deux semaines en Iran. J’y avais déjà été il y a cinquante ans à la demande de M.Pompidou, alors premier ministre, pour une mission de trois semaines auprès du premier ministre du Shah. Ce pays m’avait fasciné. »

Votre plus beau souvenir de voyage ?  

« Ils sont innombrables… Il faut dire que mes différents postes m’ont fait parcourir le monde. Mon premier voyage pour le travail était aux Etats-Unis en 1963, avec l’association des ingénieurs des ponts et chaussées. Je venais juste de rentrer au Conseil d’Etat et l’association voulait convaincre les décideurs politiques de la nécessité de construire des autoroutes et de rénover les centres villes. Nous sommes partis de Los Angeles et avons sillonné l’Amérique. »

 

Et le meilleur souvenir de votre scolarité ?

« Je n’ai pas vraiment été marqué par la scolarité. Enfin, j’ai bien un souvenir marquant mais il est très mauvais : ma note de stage, la plus médiocre de toute la promotion ! J’avais fait mon rapport sur le thème de la défense contre les incendies de forêt dans les zones méditerranéennes. C’était en fait la principale préoccupation de la préfecture de Marseille, où j’étais en stage durant l’été. Mais cela, le jury ne l’avait pas compris : il aurait voulu que je m’intéresse à la canalisation Rhin-Rhône - le grand sujet de l’époque. »

D’où vous vient cette envie d’écrire ?  

« Je me suis mis à écrire alors que j’étais dans une phase de transition entre deux métiers : j’avais à la fois un peu de temps libre, et cette envie d’exploiter ce que j’avais vécu dans ma vie professionnelle. Pour le dernier livre, l’envie a été motivée par un autre motif : le moral était tellement bas qu’il fallait trouver un moyen de le remonter. J’ai décidé de m’y essayer, au risque de paraître utopiste !  Il y a en France des possibilités de changements, et je pense avoir dessiné dans mon livre des scénarios de rupture qui sont du domaine du possible. D’aucuns me disent « tu es trop optimiste»… Je ne m’en défends pas ! Peut-être mon analyse est-elle en décalage par rapport à nos réalités, mais on ne peut continuer comme cela. »

Etes-vous un lecteur de romans utopiques ? 

« Pas vraiment. En fait, je ne suis pas vraiment un lecteur de romans tout court, mais plutôt un homme de l’actualité. Je lis quotidiennement la presse, papier et internet, ainsi que des essais sur les sujets politiques, économiques ou sociaux, à la fois du monde présent et avec des perspectives d’avenir. Je suis très  sensible à la prospective et trouve qu’on a beaucoup trop le nez dans le guidon ; on oublie un peu de tracer des plans pour le futur, comme on le faisait il y a trente ans. L’immédiateté et l’émotion régissent notre quotidien et font qu’on perd l’esprit critique et la capacité de réfléchir, qui sont pour l’homme deux qualités essentielles ! Cette culture du « live » me rend perplexe… »

Etes-vous un geek ?  

« Peut-être, mais très modestement ! »

D’où tenez-vous cet optimisme ?

« Je le tiens de la redécouverte de l’esprit d’entreprise chez les jeunes en France. On observe en ce moment une forte création de  startups, avec une bonne dynamique. Si l’on regarde le classement européen de Deloitte sur les jeunes entreprises technologiques, on constate que depuis trois ans, ce sont les entreprises françaises qui arrivent en tête. Il y a donc de quoi être optimiste ! »