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Le Blog des Alumni de l'ENA
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Frédéric Mion

Il est depuis deux ans à la tête de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et ne passe pas inaperçu dans l’enseignement supérieur. Disponible malgré un emploi du temps serré, Frédéric Mion a accepté de répondre à quelques questions.

Pourquoi vous avez choisi l’ENA…

« Je pense que j’avais une aspiration encore un peu imprécise mais certaine à servir l’intérêt général. Dans ce que je concevais comme un parcours d’étude idéal, l’ENA était comme le point d’aboutissement naturel. L’ENA ne forme pas à un métier précis mais bien à une pluralité de parcours. J’y voyais la possibilité de me préparer à l’exercice de fonctions dans la sphère publique et donc à l’exercice d’un métier au service de l’intérêt général sans devoir me spécialiser d’emblée.»

 

Si vous n’aviez pas fait l’ENA…

«  J’avais commencé mes études à l’Ecole Normale Supérieure, ce qui me prédisposait à une carrière d’enseignant chercheur.  En réalité je n’ai pas sérieusement exploré cette voie pendant mes années là-bas. D’emblée j’ai emprunté une bifurcation vers Sciences Po puis l’ENA ; si j’avais échoué au concours d’entrée à l’Ena, je ne serais sans doute pas retourné vers l’enseignement et la recherche. J’aurais probablement cherché un emploi dans le privé en lien avec le secteur public, dans les métiers du conseil par exemple.»

La maîtrise de l’Anglais, pour un candidat à l’ENA, c’est…

 

 A – un outil de travail nécessaire

 B – infliger un mauvais traitement à la langue française

 

« ‘A’ bien sûr. Je pense qu’il est illusoire aujourd’hui de prétendre à l’exercice de responsabilités de bon niveau – dans quelque métier que ce soit – sans une maîtrise correcte de cette langue. Il ne s’agit pas de fétichiser la langue anglaise mais, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, elle est la langue d’usage dans un grand nombre d’activités. C’est vrai aussi dans la sphère publique, où rares sont les métiers où l’on peut totalement se passer de pratiquer l’anglais. Peut-être que dans les fonctions juridictionnelles font-elles partiellement exception, et encore je n’en suis pas certain. »

L’anglicisme que vous refusez d’employer…

« Il y en a un qui m’agace particulièrement ;  c’est ‘adresser un sujet ‘ (au lieu de traiter un sujet). Il existe beaucoup d’anglicismes ridicules mais je crois que les pires sont ceux qui prennent les oripeaux du bon français. Plusieurs d’entre eux me viennent à l’esprit,  comme  ‘avoir un point’ par exemple,. Ou encore ‘la situation à date‘ pour dire ‘la situation à l’heure présente’. »

Un énarque heureux, c’est… 

« Quelqu’un qui, dans son parcours professionnel après l’ENA, a pu concrétiser les aspirations qui étaient les siennes en entrant à l’Ecole, qui, dix ou quinze ans après la sortie de l’ENA, a le sentiment d’avoir trouvé dans son activité professionnelle une réponse à ses vœux d’étudiant. Un énarque heureux, c’est aussi peut-être un énarque… qui a un peu oublié qu’il était énarque ! Non pas qu’il faille avoir honte de sa formation – tout au contraire – mais je trouve toujours problématique de se définir avant tout comme « énarque ». Car être énarque, ce n’est ni un brevet universel de compétence, ni un trait qui résume toute une personne. »

Pour qui avez-vous de l’estime ?

« C’est une question difficile, parce que beaucoup de noms me viennent à l’esprit… Spontanément je dirais pour mon prédécesseur, Richard Descoings ».

Comment étiez-vous durant votre scolarité à l’ENA ?

« J’ai appartenu à la première promo qui a partagé sa scolarité à parts égales entre Strasbourg et Paris. L’éloignement de Paris avait un peu relâché la pression. J’ai le souvenir d’une promotion très sympathique et d’une scolarité assez potache à Strasbourg. Je garde notamment le souvenir d’une soirée costumée dans les bâtiments de l’ENA à Strasbourg. Avec des amis, Philippe Errera et Damien Cazé, nous étions arrivés déguisés en Alsaciennes… »