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Le Blog des Alumni de l'ENA
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François de Maublanc

Amateur de voile, cinéphile et mélomane, François de Maublanc est certainement l’inverse d’un énarque typique. Parti rapidement dans le privé, il est aujourd’hui président de l’entreprise Aquarelle. Néanmoins, celui qui encourage les jeunes à se lancer dans l’aventure de l’entreprenariat reste fidèle à l’administration, un peu sa « famille ».

Pourquoi avez-vous fait l’ENA ?

« Quand on a fait Sciences Po et du droit c’est pas mal de prolonger un peu. Problème d’amour propre peut-être ? J’étais dans la filière service public et tout le monde présentait l’ENA alors je me suis dit  « pourquoi pas moi ? » 

Quel élève étiez-vous ?

« Pas un élève très assidu. Je n’étais pas vraiment à fond. J’ai fait un stage assez médiocre qui s’est soldé par une très mauvaise note. J’étais à Colmar et garde un très bon souvenir de l’Alsace et des Alsaciens en général. Il faut dire que j’ai bien profité de mes années étudiantes, sûrement les plus belles de ma vie ! J’avais bossé pour avoir un concours et j’étais payé, c’était génial. Pour moi c’était une vie de pacha. L’Ecole nous a emmenés aux Etats-Unis et au Japon…C’était le rêve. D’autant plus qu’à l’époque, de tels voyages étaient beaucoup moins faciles et courants qu’aujourd’hui. C’était vraiment exceptionnel. C’est pourquoi je garde un excellent souvenir de ma scolarité ! »

En sortant de l’ENA…

« Je n’ai pas été dans l’administration. Mais c’est quand même un peu ma famille et j’y suis resté fidèle. Si elle est attaquée, je la défends et pour une raison simple : j’ai connu à l’Ecole des types d’une très grande qualité et leur tâche n’est pas facile. Je ne supporte pas la critique gratuite. Pour vous dire, je défends même l’éducation nationale avec beaucoup de conviction. (rires) J’ai rencontré un nombre considérable de jeunes professeurs qui exercent un métier extrêmement difficile. L’administration est trop souvent critiquée à tort ; il faut garder à l’esprit qu’elle a les défauts de toute grosse structure. Qu’une structure importante soit publique ou privée et quelque soit sa vocation, elle connaît ces mêmes difficultés. En revanche, de penser qu’un classement vous suit pour votre carrière, ça je ne comprends pas. L’influence d’un classement de sortie obtenu à 25 ans sur une carrière est tellement absurde ! »

Vous avez fait partie de la promo Henri Francois d’Aguesseau, avez-vous participé au choix du nom ?

« Non, c’est un débat qui me dépassait largement. On était à Font-Romeu et je guettais l’ouverture des pistes de ski. Ce nom était quasiment un nom par défaut, presque un gag. Il y avait d’ailleurs une petite notion de combat gauche droite avec ceux qui soutenaient celui de Louise Michel. En fait le nom d’Henri-François d’Aguesseau était un peu une façon de clore le débat. Je crois qu’un quart des élèves seulement connaissaient le personnage … ! »

Etes-vous un geek ?

« Je suis plutôt un adepte des nouvelles façons d’écouter de la musique, et de lire. Je compte parmi les adeptes du Kindle depuis déjà dix ans. Pour la musique, je fonctionne avec Qobuz qui est le Spotify du classique. »

Le dernier film que vous avez vu ?

« Je vois pas mal de films, mais seulement au cinéma. Le dernier était Floride, avec Jean Rochefort sur la problématique d’Alzheimer.

Et votre film préféré ?

« Je pense que c’est Kes de Ken Loach. L’univers de Loach me plaît énormément et je pense que c’est le film qui le représente le mieux. Sinon j’ai beaucoup aimé le film saoudien Wadjda. Il est magnifique. C’est un de ces films qui font des succès inattendus, comme ce drame polonais en noir et blanc, Ida. Tous les deux sont des chefs d’œuvre ! »

Si vous étiez un personnage de fiction…

« Je me verrais bien dans des gens très simples, comme cette petite fille avec son vélo, Wadjda. Malgré tout ce qui lui arrive, elle parvient à garder son innocence et sa naïveté. »

Votre plat préféré ?

« Très sincèrement, je n’en ai pas. Pendant mon stage en préfecture, une dame s’occupait de préparer mes déjeuners. Tous les jours de l’année je lui ai dit « des carottes râpées et du jambon ». Je crois qu’à la fin elle était complètement désespérée ! Ce n’est pas pour autant que je n’apprécie pas un bon plat, mais je ne comprends pas cette exaltation pour la nourriture. Toute cette fascination me dépasse. Il n’y a rien de meilleur qu’une simple poire bien mûre ! Je me rappelle d’un de mes camarades de l’ENA, un fou de nourriture. Une heure durant, il m’avait fait une démonstration pour m’expliquer que le jaune de l’œuf à la coque était le gout le plus subtil qui soit. C’est une des choses que j’ai retenues de ma scolarité. »