Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Le Blog des Alumni de l'ENA
Menu

Philippe Baudillon

© e-marketing.fr

A première vue, il semble calme et mesuré. On ne doute pas qu’il le soit réellement, mais en parlant avec lui, c’est un sportif et surtout un passionné que l’on découvre. Des convictions, Philippe Baudillon (promotion Droits de l’homme) en a certainement, et sa foi en le changement en est une : après dix ans dans la diplomatie, il a monté son entreprise et préside aujourd’hui Clear Channel France, entreprise spécialisée dans la communication extérieure.

Pourquoi avez-vous fait l’ENA ?

« C’était en quelque sorte la suite logique de Sciences Po, et surtout plein de copains présentaient le concours. »

Votre plan B ?

« Je serais sûrement parti aux Etats-Unis voir ce qui s’y passait à l’époque. Je pense que j’aurais pris un billet aller-simple pour New-York. Plus tard, j’y ai passé plusieurs mois à la Représentation Permanente de la France aux Nations Unies. »

En sortant de l’ENA…

« Je suis sorti au Quai d’Orsay et l’ai quitté après dix années passionnantes, pour créer ma boîte dans le sport. Je suis un sportif - pas un grand – mais j’en fais depuis très jeune. Avant d’entrer à l’ENA, je pratiquais l’athlétisme au niveau national, en 110 mètres haies. A l’ENA, j’ai présidé l’Association sportive et ai beaucoup travaillé avec Alain Cabanel. On a trouvé des sponsors, organisés des tournois de tennis, de foot, organisé des déplacements… Tout cela a relancé l’association. C’était l’époque où il n’y avait pas encore internet. La conséquence indirecte était que tous les anciens élèves qui participaient à nos activités étaient des gens vraiment sensibles au sport. Il y avait un vrai réseau de passionnés. »

Votre meilleur souvenir en scolarité ?

« Certainement mon stage en entreprise, chez St-Gobain à Chambéry. On y tissait du verre et c’était ma première expérience de l’industrie. Je garde le souvenir de quelque chose assez fort car c’était une véritable découverte pour moi. » 

 

Y-a-t-il une différence entre managements public et privé ?

« Je pense, sans qu’on le sache et qu’on le dise, que les entreprises portent une partie de la chose publique. Je pense aussi qu’une partie de l’administration fonctionne de façon assez proche du privé et une autre non. Il faudrait une remise en question. Aujourd’hui on doit fonctionner par ruptures, par innovation et en fonction de nouveaux besoins qui émergent. Le problème aujourd’hui est que le citoyen consommateur est plus informé, plus exigeant et aussi plus interactif. La réponse à ces nouvelles exigences de possibilités de choix, de rapidité, de transparence, qu’a  aujourd’hui le consommateur  est imparfaite en ce moment du fait de la lenteur de l’adaptation de la sphère publique. Le fait est que l’administration raisonne en termes d’offre et non de demande, alors que la sphère privée fait plus l’inverse. Or, il semble y avoir une meilleure allocation des ressources dans le privé. Et c’est ça la vie : à un instant T, les choses sont pertinentes ; le lendemain, elles ne le sont plus, ou moins.  C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis parti du public : je savais que je passerais ma carrière dans une sphère où le changement est globalement perçu comme négatif. Certes, la sphère publique demeure la détentrice de l’intérêt public - mais d’un intérêt public qui évolue tellement ! Enfin, ce qui me frappe c’est qu’il y a des zones du public beaucoup plus évoluées que d’autres. Prenez le paiement des impôts en ligne par exemple, c’est une super innovation ! Là, il y a eu un vrai mouvement. »

Si vous pouviez partir en voyage à l’instant ?

« Là, maintenant ? J’irais au Brésil, un pays dont je suis fou. J’adore la chaleur et le soleil. C’est sûrement pourquoi je garde un excellent souvenir de mon stage territoire : j’étais à la préfecture de la région Guadeloupe. J’ai même eu la chance d’y rester un an : il y a eu deux cyclones à la suite. Ils ont causé tant de dégâts que le préfet a demandé à ce que je reste, et l’Ecole a eu la sagesse d’accepter… »

Durant votre temps libre…

« Je continue à faire beaucoup de sport. Il y a aussi beaucoup de lecture et de « rien-faire » ! Je lis énormément de romans, surtout d’auteurs américains comme Jim Harrison ou Joyce Carol Oates. En ce moment je lis le premier bouquin de Donna Tartt qui s’appelle « le Maître des illusions ». Quel titre ! »