Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Le Blog des Alumni de l'ENA
Menu

Beatriz Rego-Fernandez

Elégante, la démarche énergique et un léger accent espagnol, notre Alumni est directrice en charge des plans de réduction des coûts et de l’efficacité chez Veolia Environnement. Beatriz Rego-Fernandez, diplômée en 1997 a accepté de nous parler de son parcours, entre Madrid et Paris.

Pourquoi vous avez choisi l’ENA…

« J’ai d’abord étudié dans une business school réputée en Espagne, puis j’ai commencé à travailler dans le commerce extérieur. Après avoir passé quelques temps à l’étranger, en France, au Portugal et en Grande-Bretagne, je me suis rendue compte qu’une formation post-graduate pouvait m’être utile. J’étais vraiment attirée par la finance, alors j’ai d’abord commencé à me renseigner du côté des grandes universités américaines, comme le faisaient mes collègues. En y réfléchissant, je me suis dit que le MBA n’allait sûrement pas m’apporter beaucoup dans la mesure où j’avais déjà fait une excellente école de commerce. L’ENA, en revanche, apparaissait comme une formation très complémentaire et j’étais curieuse de découvrir quelque chose de différent. Une fois à l’ENA, j’ai pu comparer avec mes amis partis à Harvard. Ce qui est intéressant, d’abord, c’est qu’à l’ENA, les promotions comportent cent-trente élèves. A Harvard, c’est plus de mille élèves pour un MBA. On peut imaginer que les conditions d’études ne sont pas les mêmes ! Ensuite, la qualité des enseignements à l’ENA est extraordinaire, de par la méthode en classe les cours en effectif réduit, l’ouverture des échanges et le niveau des professeurs. Je pense que mes meilleurs cours d’économie, micro et macro confondues,  furent ceux de l’ENA. J’ai été particulièrement marquée par les cours de Messieurs Stirn et Cottis. »

Si vous n’aviez pas fait l’ENA…

« J’aurais fait un MBA aux Etats Unis avant de trouver un travail dans le privé, dans le Corporate Finance. En définitive, ma vie - sur certains aspects - n’aurait pas été si différente, si ce n’est que je n’habiterais probablement pas à Paris et que je ne travaillerais pas dans mon entreprise actuelle. »

En sortant de l’ENA… 

« Je suis retournée en Espagne, où j’ai justement trouvé un poste dans le Corporate Finance, ce qui m’intéressait. Je suis rapidement passée dans un des « big five ». Cinq ans plus tard, j’ai été envoyée à Paris dans le cadre d’un échange professionnel d’un an. Au terme de celui-ci,  j’ai fait le choix de m’installer en France. J’y suis restée par amour : d’un homme, de la culture, de la langue, de la gastronomie… »

En parlant de gastronomie, quel est votre plat préféré ?

« Attendez il faut que je sois politiquement correcte ! (rires) Le moelleux au chocolat ça marche ? Enfin le foie gras et les saint-jacques aussi. Le tout accompagné de champagne ! Décidément, je suis bien en France ! (rires) »

La maîtrise de l’Anglais, pour un candidat à l’ENA, c’est…

A – un outil de travail nécessaire

B – infliger un mauvais traitement à la langue française

« A, évidemment. L’Anglais est devenu un outil de travail nécessaire et j’irais même plus loin : je pense qu’aujourd’hui, la personne qui ne le maîtrise pas est l’analphabète de demain. La question se poserait plutôt pour la connaissance d’une troisième langue. Il faut être capable d’en maitriser plusieurs et de vivre à l’international. »

L’anglicisme que vous refusez d’employer…

« J’en ai plusieurs ! Mais celui que je déteste particulièrement, c’est « bluffer » : je le trouve d’une vulgarité épouvantable ! « Booster », ce n’est pas très beau non plus… »

Si vous pouviez inventer quelque chose ?

« J’aurais bien aimé inventer un outil qui permette d’aller d’une ville à une autre en quelques instants. Le fait de pouvoir se déplacer très rapidement et très loin me fait rêver. J’ai laissé ma famille et mes amis à Madrid… Il serait tellement plus simple de ne pas avoir à choisir entre deux villes ! »

Avez vous des héros ?

« J’ai beau réfléchir, je ne me trouve pas de héros ou d’héroïnes… Pourtant mes enfants m’ont bien suggéré Superman et Batman ! En réalité, j’admire certaines personnes sans pour autant avoir de modèle auquel je souhaiterais absolument ressembler. Par exemple, j’ai beaucoup d’estime pour ce que le roi Juan Carlos a fait, car il a su gérer une transition démocratique après une dictature de presque quarante ans. Il a réussi à faire entrer l’Espagne dans la Communauté  Européenne et à changer le regard porté par la communauté internationale sur mon pays d’origine. Grâce à lui, la société espagnole s’est modernisée et démocratisée. C’est une personne pour qui j’aurai toujours de l’estime. »