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Le Blog des Alumni de l'ENA
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David Houdeingar

Un pied en France, un pied au Tchad, où il exerce maintenant la fonction de Secrétaire Général de la Présidence de la République, David Houdeingar a, par son parcours, honoré la relation particulière qu’entretiennent ces deux pays. En 2013 lui a été remis la Légion d’Honneur, signe d’un investissement de longue date pour la coopération entre deux pays qui lui sont chers. Portrait d’un Alumni international.

 

Pourquoi avez-vous fait l’ENA ?

« J’ai choisi l’ENA pour quatre raisons essentielles : la première tient au fait que, depuis sa création, l’ENA n’avait  encore accueilli aucun élève Tchadien. Un ami en poste à l’ambassade de France  à N'Djaména s’était rapproché de moi pour me le signaler. Autrement dit, c’était presque un challenge à relever ! La deuxième raison était ma volonté de parfaire ma formation théorique et d’élargir le champ de mes connaissances pratiques. La troisième raison, directement liée à la précédente, tient au contenu des enseignements dispensés dans cette école. C’est leur caractère pratique qui m’attirait particulièrement. Enfin, le formidable réseau de relations offert par l’ENA de par le monde a achevé de me convaincre. Tisser de tels liens avec des fonctionnaires étrangers peut certainement faciliter le travail de diplomatie ainsi que renforcer la coopération et la fraternité. »

Après vos études au Tchad, vous êtes partis en Bretagne. Comment est-ce arrivé ?

« Je suis allé en Bretagne après avoir étudié à l’Ecole Nationale d’Administration du Tchad. La scolarité en France était la continuité de la formation. J’avais choisi d’aller à Rennes, une ville qui m’a beaucoup plu. Le weekend, je rejoignais la côte et visitais Saint-Malo, Dinard, Saint Brieuc…La Bretagne est devenue  en quelque sorte ma deuxième patrie ! Après mes études à Rennes, je suis parti à Nantes pour y effectuer une thèse. J’y retourne d’ailleurs assez régulièrement ! »

Comment étiez vous durant votre formation à l’ENA ?

« Peut-être que mes collègues pourraient le dire mieux que moi ! Il faudrait regarder mes relevés de notes et les appréciations de mes directeurs de stage pour le savoir…J’ai effectué mon stage à Niort auprès du préfet Bernard Coquet. Je pense avoir pas mal travaillé et m’être beaucoup investi. Enfin, il faudrait lui demander ce qu’il en pense ! (rires) »

Votre meilleur souvenir à l’ENA ?

« Certainement le baptême de notre promotion lors de la classe de neige à Puy-Saint-Vincent ! C’est d’ailleurs là qu’a été choisi le nom de Saint-Exupéry. Etant le seul représentant de l’Afrique subsaharienne, j’étais plutôt fier et prenais un malin plaisir à dire à mes amis « si vous voyez un point noir seul sur la montagne, c’est moi ! Venez me sauver tout de suite ! ».  En fait, je garde beaucoup de bons souvenirs de mes années à l’ENA, dont le voyage en Allemagne. On avait visité plusieurs villes : Bonn, Berlin, Weimar. Bien qu’ils semblent à première vue moins amusants, les moments de travail de groupe  pour le mémoire de fin d’études sont pour moi de bons souvenirs. Il portait sur l’insertion par l’économique et nous étions une dizaine d’élèves de nationalités différentes, étrangers et français confondus. »

Le fait historique que vous estimez le plus ?

« En tant que Tchadien, je garde – et garderai toujours - à l’esprit les relations particulières qu’entretiennent nos deux pays, surtout depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il faut se rappeler que le Tchad fut le premier pays à avoir envoyé des troupes pour libérer Paris - la fameuse colonne Leclerc ! C’est un fait marquant qui lie inexorablement et éternellement la France au Tchad. »

Avez-vous des héros ?

« J’en ai deux : Charles De Gaulle et Nelson Mandela, deux personnages monumentaux. »

Et des personnages de fiction que vous appréciez particulièrement ?

« A vrai dire, je préfère la réalité à la fiction. Je suis un pur pragmatique ! »

L’êtes-vous aussi dans vos lectures ?

« Je lis quelques romans et beaucoup de livres d’histoire. J’apprécie l’historien burkinabé Joseph Ki-Zerbo, qu a écrit des ouvrages de référence sur l’histoire de l’Afrique. »

Le dernier livre que vous-avez lu ?

« Un livre de Jacques Attali, Devenir soi. Je le trouve intéressant, très bien pour ceux qui veulent prendre leur vie en main ! »

Le dernier film visionné ?

« Je regarde beaucoup de films africains. La plupart traitent de questions purement africaines. Le dernier portait sur un problème de prise d’otages dans un avion, mais je ne me souviens pas du titre exact...! »

Et votre plat préféré ?

« C’est un plat qu’on appelle le kissar, un peu comme une galette de sarrasin, mais avec du riz. C’est très fin et ça se mange avec une sauce à base de produits locaux. Mais, quand je suis en Bretagne, mon plat préféré reste la galette, accompagnée d’une bolée de cidre ! »