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Le Blog des Alumni de l'ENA
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Hermione Gough

Elle est Ministre conseillère à l’ambassade du Royaume Uni en France mais aurait sûrement été exploratrice dans une autre vie. Rencontre avec Hermione Gough, une femme dynamique et accessible.

Pourquoi vous avez choisi l’ENA…

« Un de mes collègues m’a parlé de la possibilité de suivre le cycle international long de l’ENA alors que je travaillais au Treasury (Trésor britannique). Il se trouve que j’étais déjà très intéressée par les affaires européennes, j’avais choisi l’option politique européenne pendant mes études d’économie à Cambridge. Cela faisait déjà plusieurs années que je travaillais, j’avais occupé un poste en cabinet ministériel auprès de Gordon Brown et passé un an à Bruxelles avant d’entrer au Treasury. Le moment était venu de changer de voie et j’avais vraiment envie d’approfondir mes connaissances sur la France et l’Europe. »

Vous avez décidé de rester en France… 

« Ce n’est vrai que partiellement… J’ai fait quelques aller-retours ! Je suis restée en France après l’ENA dans le cadre d’un échange ad hoc organisé entre le Treasury et son homologue français. Après être rentrée travailler à Londres, je suis revenue à Paris il y a deux ans. A vrai dire j’avais toujours gardé à l’esprit l’idée de revenir travailler ici…»  

Si vous n’aviez pas fait l’ENA…

« L’ENA est une opportunité qui m’a été donnée dans le cadre de mon travail, ce n’était pas vraiment un choix d’orientation parmi d’autres. Je serais probablement restée au Treasury. »

Ce que vous pensez de la spécificité de l’enseignement supérieur français…

« D’abord je ne mettrais pas l’ENA dans la catégorie de l’enseignement supérieur car c’est avant tout une formation professionnelle. Ensuite je dirais que par rapport au Royaume-Uni, le volet académique est très important dans la formation des hauts fonctionnaires en France. Notre concours pour la haute fonction publique est exclusivement basé sur les compétences. Il n’y a pas de  vraie année de préparation et ni d’examens sur le fond comme ici. On travaille immédiatement après le concours. Il y a alors une sorte d’apprentissage pratique sur deux ou trois ans pendant lesquels, en tant que Fast streamer, on change de poste régulièrement et on a des formations ponctuelles. Ce que j’ai apprécié plus particulièrement à l’ENA, c’est le partage entre stages et formation académique que nous n’avons pas au Royaume-Uni. Comme souvent, les deux systèmes ont leurs avantages et inconvénients - il y a sans doute un « happy medium » entre les deux ! »

L’Etat, pour vous c’est … 

« C’est une question très française ! (rires). Je pense que nous n’avons pas le même rapport psychologique à l’Etat des deux cotés de la Manche. Ce qui importe, c’est de ne pas avoir une vision figée de l’Etat. C’est un objet qui évolue et je pense que les institutions étatiques ont de moins en moins le monopole de l’intérêt général. Ainsi, il est crucial pour le gouvernement de reconnaître les contributions des diverses entités qui ont elles aussi vocation à servir la société. Je crois qu’on vit actuellement une sorte de phase de transition avec laquelle apparaissent de nouvelles méthodes pour servir l’intérêt général, facilitées par les nouvelles technologies - je pense au « big data » notamment. On se trompe si on pense que seul l’Etat peut répondre aux défis de politique publique de demain. » 

Si vous aviez pu inventer quelque chose… 

« Ce serait sûrement une technique pour faire face au problème du gaspillage - que ce soit de l’énergie, de l’eau ou de la nourriture. Ca, c’est un vrai défi de demain ! Ce que fait Elon Musk par exemple concernant le stockage de l’énergie, je trouve ça génial. A mon avis, une invention utile serait un produit accessible par tous, qui permettrait un meilleur stockage de l’énergie. »

Qui sont vos héros ?

« J’ai pour héros les femmes qui ont fait des choses très audacieuses pour leur époque. Je pense notamment à Ada Lovelace, la fille de Lord Byron qui est une des pionnières des mathématiques à l’origine de  la programmation informatique. J’admire aussi Gertrude Bell, une exploratrice du début du XXe siècle. »

Etes vous une geek ?

« Alors attention, « geek » dans quel sens du mot ? Au départ un geek c’est un grand bosseur, toujours la tête dans les livres. C’est un peu le cliché de l’intellectuel pas très glamour. Ce mot a pris un deuxième sens aujourd’hui et on pense plutôt à quelqu’un expert en nouvelles technologies. Pour en revenir à la question, ici au Foreign office on est encouragé à être de plus en plus connectés pour notre « public diplomacy ». Il est évident que les réseaux sociaux sont un moyen d’arriver à toucher des publics beaucoup plus larges que les réseaux traditionnels. A l’avenir, ils risquent bien de devenir des outils essentiels pour les politiques publiques. »

Votre plat préféré...

« Je vais essayer de trouver un plat français ! (rires). Rien de mieux qu’une bonne tarte tatin… »