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Le Blog des Alumni de l'ENA
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Jean-David Levitte

Il est surnommé "Diplomator" dans le milieu. "Inoxidable", "androïde", il nous reçoit autour d'un thé à l'Insititut de France où il donne son habituelle conférence du lundi. Rencontre avec "Le pro".

Le principal trait de votre caractère ? L’écoute attentive des autres, ce qui est la première qualité que doit avoir tout diplomate.

Un livre de chevet ? "Vie et destin" de Vassili Grossman : c’est le livre qui m’a le plus éclairé sur ce qu’était réellement l’URSS sous Staline, et la chance que nous avons eue, pendant les décennies du monde bipolaire, d’être à l’Ouest du rideau de fer.

Un luxe ? Ecouter de la musique classique, notamment baroque.

Une ville qui vous ressemble ? Paris, non pas parce qu'elle me ressemble, mais parce que c’est la ville où j’ai vécu les moments les plus importants, les plus marquants de mon existence.

Une rencontre qui vous a marqué ? J’en ai plusieurs en tête. D’abord, le Président Valéry Giscard d'Estaing, qui m’a appelé à l’Elysée en 1975, alors que je n’avais que vingt-neuf ans et auprès duquel j’ai énormément appris pendant six ans. Ensuite, Henri Kissinger : j’ai lu tous ses ouvrages bien sûr, et je l'ai rencontré à plusieurs reprises longuement. C'est un maître de la diplomatie. Ses visites en Chine ont transformé l'équilibre du monde.

Votre plat préféré ? Difficile de choisir ! Un risotto peut-être, mais bien préparé, ce qui est rare !

Votre film fétiche ? "Les enfants du paradis" de Marcel Carné.

Votre modèle ? Richelieu. C'est le premier homme d'Etat francais, au sens moderne du terme.

La chose dont vous êtes le plus fier ? Sans hésitation, l’accord de paix sur le Cambodge que j’ai eu l’honneur de négocier aux côtés de Roland Dumas et qui a été signé en 1991.

Quelque chose que vous regrettez ? Mille choses bien sûr, mais peut être d’abord d’avoir dû trop sacrifier ma vie de famille au service de l'Etat.

Un conseil que vous donneriez aux jeunes ? D'abord respecter les autres, les écouter, les comprendre, les aider.

Le jour où vous avez eu le plus peur ? J’ai vécu sur place, en direct, sous mes fenêtres, comme ambassadeur auprès des Nations unis à New York, le 11 septembre 2001. Ce fut un choc profond pour moi comme pour tous les Américains. C’est l'un de ces rares moments qui ont transformé durablement le monde.

Une devise ? Ne jamais renoncer quand la cause est bonne.

Lorsque vous avez du temps libre, que faites-vous ? je lis de la littérature et j’écoute de la musique. Actuellement, je découvre un formidable auteur de l’Académie Française, le Haïtien Dany Laferrière. Son livre s'intitule "Mythologies Américaines" et est remarquable.

Quel est l’endroit où vous avez préféré travailler ? Washington :  j’ai été ambassadeur de France aux États Unis de 2002 à 2007,  au moment de la crise franco-américaine née de la guerre en Irak. Il me revenait d'expliquer inlassablement notre position dans tous les médias, d’une côte à l’autre ; le dialogue avec les Américains était difficile mais passionnant. Mais, du Pékin de la Révolution Culturelle au Washington de l'époque des "Freedom Fries", j'ai toujours eu beaucoup de plaisir à travailler là où le Quai d'Orsay m'envoyait : représenter la France est un honneur et négocier ma passion.